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Rééduvasc

Rééduvasc est un programme de rééducation vasculaire destiné aux patients atteints d’une Artériopathie Oblitérante des Membres Inférieurs. Multidisciplaire, il les prend en charge dans leur globalité, de manière innovante.

La rééducation vasculaire s’adresse à tous les patients artéritiques, y compris les patients asymptomatiques, précise le Dr Gonzague Claisse, cardiologue au sein du service de Médecine Vasculaire et HTA du CHRU de Lille. Rééduvasc génère des bénéfices à long terme. Il prévient l’évolution de la maladie athéromateuse, avec ses risques d’infarctus du myocarde et d’accident vasculaire cérébral. » Le programme est développé par l’association HTA Vasc, en partenariat avec l’hôpital Swynghedauw du CHRU de Lille et la Clinique de La Mitterie à Lomme. Novateur pour la pathologie vasculaire, il est conçu à la fois pour favoriser la reprise d’une activité physique régulière et améliorer la qualité de vie du patient. Alternant les exercices de kinésithérapie et les séances d’éducation thérapeutique, il se déroule en hospitalisation de jour. Il peut éventuellement s’envisager en hôpital de semaine, en fonction du lieu de résidence du patient.

Consultation initiale : valider la faisabilité et personnaliser le programme

Un médecin vasculaire vérifie l’absence de contre-indications au ré-entrainement physique du patient. Accompagné d’une infirmière, il prescrit les éventuels examens complémentaires et évalue la motivation du patient ainsi que ses attentes. Un bilan initial est réalisé le premier jour du programme, avec une nouvelle vérification des critères d’inclusion et d’exclusion. Ce bilan permet également de personnaliser le programme pour chaque patient en fonction de sa propre situation. Les séances individualisées et collectives s’enchaînent ensuite toute la journée, 5 jours par semaine pendant 4 semaines.

Rééducation : relancer l’activité physique

La rééducation fait intervenir des kinésithérapeutes, des ergothérapeutes et des éducateurs physiques, afin de reconditionner le patient à l’effort, pour renforcer son activité physique et développer tout particulièrement la marche en extérieur. Edmond Arelt a suivi le programme Rééduvasc à la Clinique de La Mitterie : « nous avons commencé par marcher dans la salle de sport, nous faisions toujours plus de tours. Ensuite, nous sommes allés dans le parc autour de la clinique, puis nous avons fait du vélo, de la gym et de la balnéo ». Josiane Hocquette en a ressenti un réel bénéfice : « quand je suis arrivée, je devais m’arrêter cinq fois pour faire le tour de la clinique. J’ai d’abord participé au programme de rééducation complet, pendant un mois en hospitalisation à la semaine. Ensuite, dans la continuité, j’ai eu la possibilité de suivre 20 séances supplémentaires de rééducation physique, à raison de deux par semaine. Aujourd’hui, au lieu de 50 m, je marche pratiquement 400 m sans douleur. Pour moi, le résultat est inespéré. »

Education thérapeutique : retrouver une hygiène de vie

L’éducation thérapeutique constitue le second volet du programme Rééduvasc. Elle aide le patient à mieux comprendre sa maladie et son traitement, avec des conseils qui lui permettent d’adapter son hygiène de vie à sa pathologie. A la fois individuelles et collectives, les séances sont confiées à une équipe multidisciplinaire regroupant des infirmières, une diététicienne, une éducatrice à la santé, une tabacologue et une psychologue.

Le patient apprend à équilibrer ses repas, à mieux comprendre son traitement, à mesurer lui même sa pression artérielle, à suivre ses facteurs de risque cardio-vasculaire. Il est amené à se sentir réellement acteur de sa maladie, à l’image de Nadia Defossez : « les ateliers de psychologie nous donnent vraiment l’impression que l’on peut se surpasser, nous sommes coachés ! Il y a une vraie synergie entre les patients, une entraide remarquable, on se soutient les uns et les autres, on a tous une même volonté. » Edmond Arelt confirme : « ce n’est pas seulement un programme médical, mais aussi un programme humain. Il y a un réel échange, une complicité entre nous et avec l’équipe. »

Suivi : consolider les résultats obtenus

Le suivi s’effectue en concertation avec le médecin généraliste, afin de consolider les résultats obtenus, de remotiver le patient lorsque c’est nécessaire et de l’accompagner vers un nouveau mode de vie. Une épreuve de marche sur tapis roulant avec mesure des IPS est programmée à 1 mois, afin d’évaluer le bénéfice fonctionnel immédiat de la rééducation. Une majorité des patients ayant suivi le programme poursuivent une activité physique, à l’image de Robert Dussart « je suis passé la semaine dernière, on m’a dit que j’avais fait des progrès. Je marche à mon rythme le plus régulièrement possible. » Chantal Colle est également satisfaite de ses nouvelles possibilités : « aujourd’hui, j’arrive à marcher plusieurs kilomètres, alors qu’auparavant je ne pouvais pas faire plus de 100 m… ». Quant à Jacques Caffart Moulard, il est conscient de l’importance de continuer à se prendre en charge à l’issue des quatre semaines du programme « je me suis acheté un tapis de marche, que j’utilise chez moi. Je me sens vraiment mieux après l’effort, j’ai compris qu’il fallait obligatoirement un entretien régulier. »

Des premiers résultats très encourageants

60 patients ont participé au programme Rééduvasc lors de sa phase expérimentale, entre 2006 et 2009. Il s’agissait de 54 hommes et 6 femmes, de 30 à 83 ans, avec un âge moyen de 57 ans. 20% seulement étaient des travailleurs actifs, ce qui témoigne de la dégradation de la situation socio-professionnelle de ces patients. Cette population était à haut risque cardio-vasculaire : 97% des patients avaient au moins 3 facteurs de risque et 58% plus de 6 facteurs de risque cumulés. 46% avaient une coronaropathie associée à leur AOMI et 73% une localisation athéromateuse au niveau carotidien. 73% étaient hypertendus. 91% étaient des fumeurs actifs ou anciens fumeurs. 60% avaient 6 facteurs de risque cardio-vasculaire et plus. 78% avaient déjà subi au moins une intervention de revascularisation.

Au cours du programme, la plupart des patients ont amélioré la plupart de leurs paramètres fonctionnels, dont le principal est la distance de marche. Il est passé de 375 m en moyenne à l’entrée à 923 m en sortie, soit une progression de + 245%. Ils ont également amélioré leur vitesse de marche de façon significative, avec un gain de près de 20%. Ces gains semblent être préservés à moyen terme pour une majorité de patients (75%) à 6 mois, voire à plus de 2 ans et pour 31% d’entre eux, avec une distance de marche dite « illimitée ».

Thèse de médecine générale du Dr Tiphaine Depecker-Claris, soutenue le 4 juin 2010 à la Faculté de médecine de Lille.

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